
Le Service des Décisions Anticipées (SDA) a publié en mai 2026 une actualisation de sa position (Newsflash SDA 2026/04) sur l’engagement de réorientation qui doit intervenir à l’issue d’une scission ou d’un apport en vue de la cession de l’intégralité des actions.
Le SDA y précise quand l’engagement de réinvestissement est requis, quel montant réinvestir, et selon quelles modalités et quels délais. Nous vous en résumons ci-dessous les points clés.
Rappelons tout d’abord que lorsqu’une société cède une partie de son activité, deux options sont possibles :
Le traitement fiscal de cette seconde option peut parfois s’avérer intéressant (pas d’impôt des sociétés sur la plus-value latente en raison de la neutralité fiscale de l’opération de scission, et fiscalité des plus-values sur actions différente de la fiscalité de la vente d’activité), pour autant qu’il ne soit pas considéré comme un abus fiscal au sens de l’article 344, §1er, CIR92.
En l’occurrence, le SDA peut admettre ces opérations successives, scission ou apport suivi de la vente des actions, pour autant que le demandeur souscrive un engagement de réorientation.
Les actionnaires doivent s’engager à réinvestir les sommes perçues de la vente des actions, afin de développer les activités conservées après la scission/l’apport ou d’en lancer de nouvelles. Sans cet engagement, le fisc peut considérer l’opération comme un abus fiscal et la taxer comme si la vente avait été faite directement à un tiers.
Attention toutefois, au sein d’une même famille, chacun est considéré comme un « tiers » par rapport aux autres. Par exemple, une cession par les parents à leurs enfants (via une vente d’actions ou une vente suivie d’une donation) est visée par l’engagement de réorientation.
Il faut ici faire une distinction entre personnes physiques et sociétés :
Ces investissements doivent porter sur des actifs durables : investissements professionnels, certains placements financiers, ou remboursement de dettes bancaires du groupe.
Ne sont pas autorisés : le rachat d’actions propres, les biens mis à disposition des dirigeants, les biens de luxe, ou tout transfert interne au groupe.
Notons enfin qu’un relevé des investissements réalisés doit être transmis à l’administration.
Cette méthode de transmission peut être intéressante à condition d’anticiper l’engagement de réorientation, d’identifier le montant concerné, les investissements autorisés et de respecter scrupuleusement le calendrier de réinvestissement.
N’hésitez pas à nous contacter avant toute opération de restructuration afin d’en sécuriser le traitement fiscal.